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Manager, la solitude du super héros

Mis à jour : 10 juil. 2018

Etre manager, c’est se sentir seul la plupart du temps.

Coincé entre le marteau et l’enclume. Entre une direction que l’on se doit de suivre et satisfaire, et une équipe que l’on se doit de protéger et mobiliser pour la conduire vers les résultats fixés.

Pas vraiment d’un côté, ni de l’autre. Tel un super héros, naviguant entre le bien et le mal !

SI l’on choisit son camp, on est foutu, devenu illégitime, d’un côté ou de l’autre.


Échanger, une nécessité absolue !

Pour sortir de cette solitude, quand j’étais manager, discuter avec des pairs m’a sauvé à maintes reprises. Que ce soit dans ma structure, autour d’un café, ou en dehors, dans des formations ou ateliers dédiés, quelle bulle d’oxygène !

S’apercevoir que cela fait partie de la fonction et que ça ne vient pas (que) de nous, ça fait du bien ! Et échanger des bonnes pratiques, qui permettent de mieux vivre cette position schizophrène, ça fait avancer !


Oh secours, mission impossible !

Aujourd’hui que je suis passé de l’autre côté et que j’accompagne des managers, individuellement ou collectivement, il y a toujours un moment où j’entends, mais « p**** qu’est-ce que c’est difficile ce job ! ».

Quelle pression ! Il faut cocher tellement de cases pour bien faire.

Etre performant mais humain, équitable mais décisif, bienveillant mais affirmé, créatif mais rationnel,… c’est complètement fou !


Alors comment fait-on, quand on n’a ni la panoplie, ni les pouvoirs d’un super héros ?

On se lâche la bride et on se fiche la paix ! On se fait confiance et on reste soi-même.

Personnellement, je crois que je suis devenue une meilleure manager, le jour où j’ai compris qu’il fallait que j’arrête de chercher à être aimé par mes collaborateurs. Que j’ai compris que je courais après le mauvais lièvre, celui de l’affect, et que je manquais d’humilité.

Non, je n’étais pas la manager parfaite, et je ne le serai jamais. Oui je ferai des erreurs et je recevrai des critiques. En face, et évidemment derrière mon dos. Oui et ce n’était pas grave, je m’en remettrai, apprendrai et ferai mieux la fois suivante.


La confiance, comme arme absolue

Pour être bon, un manager n’a pas besoin d’être parfait, et pas besoin que son équipe l’aime. Il a besoin qu’elle le respecte, et ait envie de le suivre. Il a besoin qu’elle ait confiance en lui pour avancer ensemble vers leur objectif commun.

Et de la même manière, il a besoin que sa direction ait suffisamment confiance pour le laisser avancer avec son équipe comme il l'entend, avec ses règles du jeu, en suivant ses valeurs.


C’est déjà beaucoup me direz-vous! Le respect et la confiance, ça se gagne comment ?

En étant authentique, fidèle à soi-même et à sa parole. En fixant un cadre clair et partagé par tous. En donnant l’exemple.


Ce métier est difficile, c’est une certitude.

Mais il l’est moins quand on accepte de n’être que soi-même, pas un super héros, superpuissant et adulé.

Ce qui n’empêche pas, parfois, que la reconnaissance soit quand même au bout de la mission…. !