Rechercher

La roue des émotions du confinement

Mis à jour : avr. 1

10ème jour de confinement. Me voilà enfin prête à prendre un peu de recul sur ce qui nous arrive, et sur ce que je ressens.



Submergée par la vague


Pour moi, tout a basculé jeudi 12 mars à 20h, quand Le Président a annoncé qu’à partir du lundi suivant, les écoles fermaient. Badaboom. Sidération.


Je savais qu’une crise grave était en cours, qu’il fallait être prudent, et depuis plusieurs semaines déjà j’étais extrêmement vigilante, respectait les gestes barrières, les avaient évidemment enseignés à mes filles. Mais pour dire vrai je ne pensais pas qu’on fermerait les écoles, du moins pas si vite.


Après la surprise, c’est l’inquiétude qui est montée. Un stress pragmatique. Comment s’organiser, comment continuer à travailler dans ces conditions ? Mais très vite, l’anxiété a progressé. Travailler ? Mais pour qui ? Il était clair pour moi que mon activité allait être très lourdement impactée et très rapidement.


Et là, c’est la colère qui m’a envahie. La frustration plus précisement. J’avais l’impression que tous mes efforts de ces 18 derniers mois pour créer et développer ma petite entreprise allaient être anéantis. 2020 devait être l’année de la croissance, du développement de ma clientèle, du changement de statut juridique…j’avais fait un prévisionnel ambitieux, mais nécessaire pour assurer la pérennité d’Amaclé, mes objectifs étaient fixés, ma feuille de route traçée…. Badaboom. Coup d’arrêt.


Le week-end qui a suivi a été empreint de lassitude, de tristesse, de mélancolie, et de colère encore.


Les premiers jours de confinement, j’ai essayé de faire bonne figure auprès de mes clients, de mes partenaires, de mes copines entrepreneures, de mes enfants bien sur, de mes parents,….mais sincèrement le cœur n’y était pas. Et le corps non plus. J’ai été malade quasiment toute une semaine. Mal au ventre, mal au dos, mal à la tête, mal au cœur…


Mon corps a somatisé tout ce que mon mental n’arrêtait pas de ruminer :


  • Tout d'abord, l’angoisse. Après la colère, la frustration, l’anxiété, c’est une peur bien plus primaire qui est montée en moi. La peur du désastre sanitaire que nous allions devoir affronter. L’inquiétude pour ma grand-mère de 95 ans, mes parents, mes proches et amis plus fragiles, mes enfants évidemment, tous ces gens que je ne connais pas qui seront touchés, et tous ces soignants et autres héros du quotidien qui sont au front chaque jour. Mon héritage familial fait que la peur de la maladie a toujours été présente chez moi, mais je ne pensais pas qu’elle me rattraperait si vite ! Mince, à peine commencée que l’épidémie me terrorisait. Et me rendait malade, littéralement.


  • Ensuite, l’insécurité et le stress face à l’organisation familiale. Se retrouver confinés à cinq dans 85 m2, sans jardin, c’est un vrai défi. Gérer les devoirs, faire le grand écart entre les besoins d'une petite de 4 ans et ceux de deux ados de 12 et 14 ans, respecter l’intimité et les personnalités de chacun, arbitrer les tensions, nourrir ce petit monde 4 fois par jour (oui les enfants mangent 4 fois par jour, je vous assure 😉 ), continuer à travailler à distance autant que possible, et amorcer du travail de fond pour préparer l’après… Bref, je me suis vite sentie submergée.

  • Puis, la culpabilité. Me sentir coupable de m’énerver facilement, d’être là sans être vraiment présente pour mes enfants, de lâcher le rééquilibrage alimentaire que j’avais commencé depuis un mois (ah oui parce que ne pas craquer devant les cookies, les pancakes, les sablés, les gâteaux, …., que mes filles font pour s’occuper ou face aux tests culinaires de mon mari qui s’ennuie lui aussi…euh, comment dire ?!!!! )

  • Et enfin, cette inquiétude économique de l’après. Comment ca va repartir ? Mon entreprise et celle de mon mari vont-elles survivre ? Comment on va faire pour s’en sortir ? Tous ces efforts pour ca ? Toujours ce sentiment d’injustice.



Reprise de ma respiration


Et puis la vague est passée. Lundi, après 7 jours.

Ok la situation n’était pas terrible, mais coté injustice, nous n'étions pas les plus mal lotis. Nous avons un toit, nous sommes en bonne santé, nous sommes ensemble. Nous ne sommes pas les plus fragiles.

Et puis, mon mari aime à me répéter que la peur n’évite pas le danger. Il a raison.


Alors comme beaucoup d’entre nous, je me suis mis à lister les bénéfices de la situation, de cette parenthèse temporelle qui nous est offerte, à nous qui ne sommes pas au front.

La joie est revenue en moi, la légèreté aussi. Comme un dû à ceux qui luttent pour de vrai.

Le plaisir de jouer avec mes enfants, de rire, de lire, de faire du yoga et des abdos-fessiers !

La détermination est revenue aussi. Cette envie si forte de ne pas renoncer à poursuivre mon chemin entrepreneurial. Comme l’a dit Catherine SINGER, « Les épreuves ne sont pas le signe qu’il faut clore l’aventure, mais qu’il devient passionnant de la poursuivre ! ».

Alors je ne vais rien lâcher. Bien au contraire.


Je veux me rendre utile aux entreprises et aux managers pour qu’ils puissent traverser cette période avec le plus de sérénité possible. Et je souhaite les aider à transformer cette crise en opportunité pour le management de leurs équipes.

Je crois que demain, partager les même valeurs, développer la confiance et l’autonomie, construire des modes de travail encore plus collaboratifs, permettre des relations authentiques au sein de l’entreprise,… aura encore plus de sens qu’avant. Et je veux être au service de ces transformations au sein des entreprises.


1er tour de roue terminé !


Voilà la roue de mes émotions a fait un tour. Ce n’est que le premier de ce confinement.

La colère, l’anxieté, l’angoisse, la lassitude, vont revenir. A n’en point douter. Je les accepterais.

C’est ça le lâcher prise, accepter ce qui vient, et laisser la vague passer.

Ecouter son corps, son ressenti, son cœur.


Alors acceptons de n’être pas tout puissant. Si nous en doutions, je crois que la situation actuelle nous le rappelle cruellement. Alors soyons humbles et bienveillants envers nous-même.


Ne restons pas isolés, le lien avec notre famille, nos amis, nos réseaux sont primordiaux. Pour rester nous-mêmes, pour rester humains, pour continuer à échanger, débattre, s’émouvoir ensemble et surtout rire, de tout et en premier lieu de cette situation.


Et enfin restons mobilisés, préservons notre énergie, mettons à profit ce temps pour nous améliorer, nous former, prendre du recul, préparer l’action future quelle qu’elle soit.


Je vais vous proposer des ressources d’auto coaching dans les prochaines semaines pour que cette parenthèse puisse être l’occasion d’un retour à vous mais aussi un temps de projection.

Pour que comme le veut la devise d’Amaclé, ce demain, un peu lointain, vous ressemble vraiment.


Inscrivez-vous sur cette page pour recevoir le guide d'auto-coaching que je vous propose pendant cette période de confinement.